Cher(e) soutien de la
vie à naître, garante de la liberté des femmes,
Paris le 20 février 2024
PÉTITION AUX SÉNATEURS
Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,
le 28 février 2024 vous allez débattre du projet de
loi constitutionnelle qui stipule, dans sa rédaction
issue de l’Assemblée nationale, votée par 493 voix
contre 30, que :
« La loi détermine les conditions dans lesquelles
s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir
recours à une interruption volontaire de grossesse. »
Ce texte a trouvé sa genèse dans la rédaction que
vous aviez vous-mêmes conçue et adoptée le 1er février
2023 par 166 voix contre 152 :
« La loi détermine les conditions dans lesquelles
s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa
grossesse. »
1/ C’est la loi Veil du 17 janvier 1975 qui détermine
ces conditions, mais votre texte oublie ce qui les
précède comme principe général =>
le préalable du respect de la vie humaine qui
chapeaute la loi Veil, mais n’a pas aujourd’hui de
valeur constitutionnelle, comme votre commission des
lois l’a rappelé le 14 février dernier dans son
rapport :
« Le conseil Constitutionnel n’a d’ailleurs jamais
consacré, non plus, un principe constitutionnel de
respect de tout être humain dès le commencement de sa
vie70(*) »
https://www.senat.fr/rap/l23-334/l23-3343.html
Pourtant, ce principe général de respect de la vie
est affirmé en tête de la loi, au titre premier, dans
le chapitre premier qui précède les dispositions sur
l’IVG et qui s’intitule « Principe général ». Il
comprend deux articles : l’article L2211-1 qui
garantit la primauté et la dignité de la personne
(celle qui est née), mais surtout » le respect de
l’être humain dès le commencement de sa vie »
(rédaction première de la loi de 1975 ). L’article
L2211-2 permet des exceptions en cas de nécessité,
pour désigner l’IVG défini aux articles suivants : « Il
ne saurait être porté atteinte au principe mentionné à
l’article L. 2211-1 qu’en cas de nécessité et selon
les conditions définies par le présent titre ».
Le 15 février dernier, votre président Gérard Larcher
sur BFM TV, à 13’41, a rappelé qu’il était « pour cet
équilibre qu’a voulu la loi Veil : la liberté de la
femme et aussi la protection des droits de l’enfant à
naître »
Puis vient le principe qui fait l’objet de cette
constitutionnalisation aux articles L2212-1 et
suivants : la liberté de toute femme à pouvoir
recourir à une interruption volontaire de grossesse.
C’est bien l’unique objet de cette loi
constitutionnelle
Or, ces articles comprennent un autre principe
subordonné au premier, celui de tout médecin et
personnel de santé à pouvoir refuser de concourir à
une IVG. L’article L2212-8 stipule que « Aucune
sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun
auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de
concourir à une interruption de grossesse ».
Ce principe fondamental de la liberté de conscience
n’a pas plus de valeur constitutionnelle, comme vous
le rappelez dans votre rapport :
« Or, pas plus que la liberté de la femme de recourir à
l’IVG, la liberté de conscience des professionnels de
santé n’est aujourd’hui consacrée en tant que telle
dans la Constitution. Si la première découle de
l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et
du citoyen de 1789, la seconde découle de son article
1012(*). Il semble donc discutable de n’inscrire dans
la Constitution qu’une seule de ces deux libertés. »
https://www.senat.fr/rap/l23-334/l23-3342.html#toc34
En conclusion, la loi Veil ordonne au niveau légal
ces trois principes en un équilibre hiérarchisé pour
la protection de la vie intra-utérine de l’enfant,
depuis sa fécondation jusqu’à sa naissance, sauf
nécessité de l’interrompre. Depuis 50 ans, cet
équilibre a évolué dans le sens d’une liberté
croissante de l’interruption, notamment par
l’extension du délai de 10 à 12, puis à 14 semaines de
grossesse depuis mars 2022.
Cette évolution légale a mécaniquement diminué le
principe du droit de tout être humain dès le
commencement de la vie, avec en 2023, le chiffre
record de 234 300 avortements.
Afin que cet équilibre légal mouvant ne soit pas
aggravé par la seule constitutionnalisation de la
liberté de l’IVG, sans celles du droit à la vie dès le
commencement (art 2211-1 et 2), et de la liberté de
conscience du médecin (art 2212-6 et 8), nous vous
demandons solennellement que les deux principes de vie
et de conscience humaines soient simultanément
inscrits dans la constitution en contrepoint de la
liberté de toute femme de recourir à l’IVG
2/ La rédaction à l’art 34 nouveau pourrait être la
suivante :
« La loi détermine les conditions dans lesquelles
s’exerce la liberté de la femme d’avoir recours à une
interruption volontaire de grossesse, dans le respect
de tout être humain dès le commencement de sa vie et
de la liberté des personnels soignants de pouvoir ne
pas concourir à cette interruption de grossesse »
3/ La validation de cette rédaction devra être faite
par referendum
pour les femmes et les hommes, au nom de leurs
enfants, concernés par ce libre choix primordial.
Pour rendre effectif le libre choix des femmes comme
fondement de la liberté constitutionnelle de l’IVG,
nous, femmes, soutenues par les hommes conscients de
la commune responsabilité qui nous incombe pour
maintenir le fragile équilibre de la vie humaine, nous
vous demandons de renoncer au vote final en Congrès
pour laisser aux françaises et aux français la
responsabilité de décider par referendum des
conséquences vitales de cette constitutionnalisation,
en cette période de baisse structurelle de la
natalité.
4/ La lutte contre la dénatalité devra passer par une
offre nouvelle d’alternative aux 234 300 avortements
par an, par la mise en œuvre de la coparentalité in
utero.
Il s’agit de respecter le choix des centaines
milliers de femmes qui ne désirent pas d’enfant au
regard de la demande pressante des centaines de
milliers de femmes et d’hommes qui désirent des
enfants, mais ne peuvent pas en avoir naturellement :
couples stériles, couples homos, célibataires hommes
comme femmes.
Aussi nous vous remercions, Madame la Sénatrice,
Monsieur le Sénateur de prendre en considération ces
arguments, avec les voix qui les portent, pour
l’autonomie des femmes qui veulent, avec les hommes,
pour leurs enfants, garantir la pérennité de notre
Humanité.
Le collectif des femmes pour la
constitutionnalisation
de la VIE, de l’IVG et de la liberté de conscience
pour tout être humain
%%votre signature%%
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